Grâce Présidentielle : Macky veut faire chanter et danser Khalifa Sall

13/08/2019

A l’occasion de la Tabaski, célébrée ce lundi, 426 personnes condamnées ont bénéficié de la signature de Macky SALL qui leur a accordé une grâce présidentielle. Ceux qui ont scruté la longue liste espérant y voir le nom de Khalifa SALL ont déchanté. Pour ce coup-ci, le président SALL a bien vérifié et poserait ses conditions avant de signer.

Pas de « seconde chance » pour Khalifa SALL. L’ancien maire de Dakar est zappé de la liste des graciés par le chef de l’Etat à l’occasion de la fête de l’Aïd-el Kébir. « Quatre cent-vingt-six (426) personnes condamnées pour des infractions diverses et incarcérées dans différents établissements pénitentiaires du Sénégal (…) viennent de bénéficier de la grâce présidentielle (…) Le chef de l’Etat reste ainsi fidèle à son engagement de donner une seconde chance à une catégorie de citoyens momentanément en conflit avec la loi », indique le ministère de la Justice dans un communiqué. Une grosse désillusion pour les membres du Front pour la libération de Khalifa SALL qui espéraient que cette fête de Tabaski, coïncidant avec le dialogue national, serait l’occasion idéale pour Macky SALL de faire libérer l’ancien maire de Dakar. D’autant qu’entre-temps, le rabat d’arrêt que le leader de l’APR avait placé comme obstacle a été levé par la Cour suprême qui a encore débouté Khalifa SALL. Lors de la 57e édition de la journée panafricaine des femmes, Soham El Wardini, qui a remplacé Khalifa SALL à la tête de la ville de Dakar, annonçait « avoir parlé personnellement au Président Macky SALL de cette affaire » et faisait miroiter à ses camarades dudit Front une issue heureuse pour bientôt. Gros désenchantement également pour Alioune TINE accusé d’avoir transformé la pétition qui réclame la libération de Khalifa SALL en une lettre mielleuse de demande de grâce adressée au leader de l’APR. « Nous nous adressons au président de la République, non pas en tant que chef de l’Etat, mais au musulman, au citoyen pour lui dire qu’il est temps qu’il entende cet appel de l’ensemble des sénégalais pour libérer Khalifa SALL. Il est temps que Khalifa SALL rejoigne sa famille. Nous avons besoin d’apaisement au Sénégal et la libération de Khalifa SALL contribuerait à cela, au succès du dialogue politique », a écrit l’ancien directeur d’Amnesty International en Afrique de l’Ouest. Des initiatives et des mots qui n’ont pas réussi à faire signer Macky SALL qui accorde un traitement particulier à ce dossier. Ce n’est pas l’affaire Woury DIALLO, du nom du trafiquant de médicaments condamné à cinq ans de prison ferme qu’il a gracié et fait libérer. Recevant le syndicat des pharmaciens du Sénégal, le président SALL s’est défaussé sur son administration pour expliquer pourquoi il a accordé la grâce à un individu condamné pour « association de malfaiteurs, contrebande et complicité d’exercice illégal de la profession de pharmacien sur une affaire de trafic de faux médicaments dont la valeur est estimée à plus d’1 milliard 300 millions de francs CFA ». On m’a demandé de signer, j’ai signé, avait-il argué. Pour le cas de Khalifa SALL, c’est une autre paire de manches . Selon la RFM, Macky SALL attend que le principal concerné lui adresse, lui-même, une demande de grâce. Et la radio d »ajouter que le document serait prêt et que si Khalifa SALL formule une demande de grâce aujourd’hui, demain, il pourrait être libéré. Si ce n’est pas du chantage, ça en a tout l’air. Pourtant, condamné dans la même affaire que Khalifa SALL, Mbaye TOURE, via ses avocats, a sollicité auprès de Macky SALL une grâce à la veille de la célébration de la fête de l’indépendance. Malgré sa demande, l’ancien Directeur administratif et financier (DAF) de la ville de Dakar est toujours à Rebeuss. Et Karim WADE, qui indique n’avoir jamais sollicité une grâce présidentielle, c’est à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss qu’on lui a fait son passeport avant de le faire sortir du pays. Dans cette affaire, foncièrement politique, Macky SALL cherche une porte de sortie tout en tirant son épingle du jeu. En sollicitant une grâce, parce que ne pouvant plus supporter la détention, Khalifa SALL se culpabilise. Demande-t-on pardon sans avoir fauté ? S'interroge walfnet.


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