Covid19 et Malaise dans la cité : pour un humanisme triomphant !

24/03/2020

"0n ne peut agir et réfléchir en même temps,  sans prendre le risque de porter atteinte à la dignité de l'un ou de l'autre". Raymond à propos de sa critique du Savant et le Politique de Marx Weber 

Si l'objectif de la main invisible du marché était bien  de nous gouverner par la peur et par le renoncement à notre esprit critique, disons qu'avec le covid19 qu'elle n'est pas loin de réaliser son but.

Les épidémies ont de tout le temps jalonné la marche de l'humanité vers le progrès. Si bien que la science, vecteur de ce progrès, s'en est fait le pionnier à travers son triptyque : découverte - obstacles épistémologiques - dépassement. 

Sous ce rapport, point d'avancée sans que nos certitudes ne soient éprouvées par le surgissement d'inconnu, fût-il mortifère. 
Ici, point n'est besoin de faire les prolégomènes des sciences sociales,  mais rendons à Durkheim ce qui lui revient quand il avance avec aplomb que: " Nous ne souffrons pas parce que nous ne savons plus sur quelle notion théorique appuyer la morale que nous pratiquions jusqu'ici; mais parce que dans certaines de ses parties,  cette morale est irrémédiablement ébranlée, et que celle qui nous est nécessaire est seulement en train de naître ".

Aussi loin que l'on puisse remonter les origines du capitalisme, qui peut un seul instant remettre en cause sa propension  à créer, à se nourrir et à s'accommoder des crises multiformes, auxquelles son évolution est consubstantielle ?

Schumpeter nous dira même que si sa longévité étonne, comparé aux systèmes qui l'ont précédé,  c'est précisément à cause de "sa capacité à dépasser ses tendances autodestructrices". 

Des économistes libéraux comme Krugman admettent volontiers que capitalisme post moderne se distingue par la ressurgence de crises cycliques,  à intervalles de décades.

 Pour s'en convaincre, il suffit de partir de la fin de la garantie du dollar par l'or décidé par Nixon en 1971 jusqu'à la crise des subprimes de 2008, pour s'apercevoir de la vérité de ce constat.  De là crise du pétrole de 1973 à 1982 crise du tequila en Amérique latine, puis 1993 crise du serpent monétaire européen,  s'en suit en  2001 celle de la dette (Asie du sud-est, Turquie et Argentine, et enfin en 2008, celle des subprimes.  

Toutes ces crises ont un caractère systémique à effet dominos,  sur l'échelle du globe. Abstraction faite des guerres autour des matières premières et des hydrocarbures qu'elles ont engendrées et qui ont servi de prétexte à bouleverser l'ordre juridique international, plus encore cornaqué par le Marché.

Dès lors,  la survenue du covid19 avec sa propagation de dimension mondiale ne saurait se soustraire du parti pris cyclique de ces crises régulatrices du capitalisme post moderne.  La baisse tendancielle des activités de production et de commerce,  à la faveur de cette pandémie,  occasionnera nécessairement une remise des dettes publiques et privées nées de la spéculation boursière de la finance internationale.  Dont le ratio entre la dette mondiale et le PIB mondial atteint un écart indicible.  Pour un PIB mondial de 80 mille trillions de dollars,  la dette mondiale cumulée se situe à 500 mille trillions de dollars.  Cherchez l'erreur!

Le tout libéral et destructeur s'est emparé par delà  les droits sociaux, à cause précisément d'une bureaucratisation à l'extrême des appareils de transformation, tels que les syndicats et partis politiques,  réduits en caisse de résonance des artefacts idéologiques émanant des laboratoires d'intelligence économique du grand Capital,  think thank,  fondation et ONG, les secteurs vitaux à l'équilibre des nations : éducation, santé et culture. 

Disons pour conclure avec Durkheim que " notre anxiété ne vient pas de ce que la critique des savants a ruiné l'explication traditionnelle qu'on nous donnait de nos devoirs et, par conséquent,  ce n'est pas un nouveau système philosophique qui pourra jamais la dissiper,  mais c'est que, certains de ces devoirs n'étant plus fondés  dans la réalité des choses,  il en résulte un relâchement qui ne pourra prendre fin qu'à mesure qu' une discipline nouvelle s'etablira et consolidera. En un mot, notre premier devoir actuellement est de nous faire une morale".

 En l'espèce,  il s'agit de rompre avec les logiques de profit et d'accumulation et remettre l'humain au centre de toutes les préoccupations. Ce qui est aux antipodes du capitalisme post moderne régnant.



Aguibou Diallo Petroteam monde France


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